Entrée en vigueur de manière progressive en 2022, la réglementation environnementale RE 2020 vise à réduire l'empreinte carbone des constructions neuves, améliorer leur performance énergétique et assurer un meilleur confort thermique. En 2025, un nouveau cap est franchi avec des exigences renforcées sur deux indicateurs clés : l’indice carbone de la construction (Ic Construction) et l’indice carbone de l’énergie (Ic Énergie). Voyons cela de plus près !
Des seuils carbone plus stricts
L’indice Ic Construction, qui évalue les émissions des matériaux et équipements utilisés lors des chantiers, voit ses seuils abaissés de 15 % par rapport à 2022. Cette évolution incite les maîtres d’ouvrage à privilégier des matériaux moins carbonés, comme les biosourcés ou issus du réemploi.
Les constructions mixtes (bois-béton, bois-acier) deviennent des solutions de référence. L'optimisation de la quantité de matière employée (bâtiments plus compacts, réduction de l’épaisseur des murs) est également encouragée.
En parallèle, l’indicateur Ic Énergie, qui mesure l’impact carbone des consommations énergétiques sur 50 ans, impose une réduction plus drastique pour les logements collectifs, avec une exigence renforcée de 50 %. Cette mesure entraîne la fin du recours exclusif aux solutions à base de gaz et favorise l’adoption des énergies renouvelables et des réseaux de chaleur vertueux.
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Des adaptations pour les logements et le photovoltaïque
Le décret du 31 décembre 2024 introduit des ajustements pour les maisons individuelles et les petits logements collectifs. Par exemple, la modulation de l’indicateur Bbio, qui évalue la qualité énergétique de l’enveloppe du bâtiment, est révisée pour éviter des concessions sur le confort des occupants en raison de coûts de construction plus élevés. Les exigences sont ajustées selon la région, l'altitude et la surface des bâtiments.
Une autre modification concerne les zones climatiques du sud de la France, où les surcoûts liés à la RE 2020 étaient estimés à +13 % par rapport à la RT 2012. Le coefficient de modulation Mbgéo est donc augmenté pour les maisons situées entre 0 et 400 mètres d’altitude.
Par ailleurs, un nouvel ajustement concerne les petits logements collectifs (comme les résidences étudiantes), où l’indicateur Ic Construction_max est désormais modulé selon la surface moyenne des logements de moins de 40 m².
Enfin, pour éviter que l’empreinte carbone des panneaux photovoltaïques ne pénalise les projets, une nouvelle modulation (Mipv) est mise en place. Elle s’appliquera à tous les bâtiments soumis à la RE 2020, facilitant ainsi le recours au solaire.
Vers une extension de la RE 2020 à d’autres bâtiments tertiaires
D’ici l’été 2025, la RE 2020 pourrait s’étendre aux hôtels, commerces et restaurants, qui restent actuellement régis par la RT 2012. Cette évolution marquerait une nouvelle étape vers une meilleure performance énergétique et environnementale du parc immobilier.
Une mise à jour des déclarations environnementales
Le décret met fin à la possibilité de prolonger la durée de validité des fiches de déclarations environnementales (FDES) au-delà de cinq ans. D’ici fin 2025, tous les fabricants devront respecter la norme révisée NF EN 15804+A2 pour la base de données Inies, renforçant ainsi la transparence et la fiabilité des évaluations environnementales des matériaux de construction.
Conclusion : la RE 2020, une opportunité pour la filière du bâtiment
Avec ces nouvelles exigences, la RE 2020 impose des défis aux professionnels du secteur, mais elle représente aussi une opportunité d’innover et d’adopter des pratiques plus durables. Matériaux biosourcés, réseaux de chaleur, construction optimisée : autant de leviers pour bâtir des logements et infrastructures respectueux du climat et des ressources naturelles.